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Author Topic: Père Bruno, (1 / 7) sermons - Marie Corédemptrice, mars - mai 2026 AD.  (Read 133 times)

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Marie Corédemptrice (6)

Père Bruno, sermon du 10 mai 2026

  Dimanche prochain, nous devrons conclure notre étude sur la Corédemption, puisqu’ensuite ce seront les dimanches de la Pentecôte, de la Sainte Trinité, du Saint Sacrement et du Sacré-Cœur. Ce matin, nous verrons donc l’enseignement des papes Benoît XV et Pie XI à ce sujet, mais sans oublier sainte Jeanne d’Arc, dont nous célébrons aujourd’hui la solennité. C’est justement Benoît XV qui l’a canonisée, et c’est Pie XI qui l’a déclarée patronne de la France.

  Nous avons parlé dimanche dernier de Léon XIII et de saint Pie X : le premier déclare « vénérable » la Pucelle d’Orléans, et permet l’ouverture du procès de béatification ; et saint Pie X procède à la béatification en 1909, le dimanche de Quasimodo. Son successeur, Benoît XV, décide de canoniser la bienheureuse Jeanne d’Arc le 16 mai 1920, trois jours après le bienheureux Gabriel de l’Addolorata et la bienheureuse Marguerite-Marie. En réservant un jour spécial à la canonisation de Jeanne, le pape souligne l’importance qu’il accorde à cette cérémonie. Dans son sermon, il résume parfaitement la mission de la Pucelle : « La France se glorifie de Jeanne, mais l’Église aussi triomphe en elle. Dieu fit naître cette enfant pour sauver sa patrie, mais en même temps l’héroïne fit tout pour établir le règne de Jésus-Christ. » ‘Établir le règne de Jésus-Christ’, ce fut bien la grâce et la gloire de notre sainte. – Le 2 mars 1922, le pape Pie XI (qui vient d’être élu, le 6 février) déclare Notre-Dame patronne principale de la France au titre de son Assomption, et sainte Jeanne d’Arc sa patronne secondaire. C’est une vingtaine d’années plus tard que Pie XII nous donnera une autre patronne secondaire : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

  « Il y a grande pitié au Royaume de France » : notre pays est de plus en plus asservi à la secte jυdé0-mαç0nnιque. Plus que jamais, nous devons supplier la sainte de la patrie de « bouter l’ennemi hors de France ». Et la même prière doit lui être adressée pour l’Église, si malmenée et si humiliée par les pontifes qui se succèdent depuis le dernier concile.

Voyons maintenant ce qu’enseignent Benoît XV et Pie XI à propos de la Corédemption :

  – De Benoît XV, il faut retenir principalement une lettre apostolique de 1918, destinée à la confrérie de Notre-Dame de la Bonne Mort. Il y écrit ces lignes remarquables : « Elle [la Vierge Marie] a souffert avec son Fils souffrant, elle est pour ainsi dire morte avec son Fils mourant, elle a immolé son Fils pour apaiser la justice de Dieu, si bien qu’on peut dire à bon droit qu’elle a racheté le genre humain avec le Christ. » « Racheter avec », c’est exactement le sens du mot « Corédemption ». Passant de la rédemption objective à la rédemption subjective, le pape tire la conséquence du principe qu’il vient d’énoncer : « C’est précisément pour cette raison que les grâces diverses que nous recevons du trésor de la Rédemption nous sont départies par les mains de la Vierge des douleurs. » Autrement dit, c’est parce que Marie est Corédemptrice qu’elle est Médiatrice. Et Benoît XV applique cela à la grâce essentielle que nous devrions demander à Dieu chaque jour (souvenons-nous qu’il s’adresse à la confrérie de Notre-Dame de la Bonne Mort ) : « Dès lors, il est clair que nous devons aussi attendre d’elle la grâce d’une bonne mort qui achève en chaque homme et pour jamais l’œuvre de la Rédemption. »

  A ce témoignage capital, on peut ajouter les paroles du même pontife lors de la canonisation de saint Gabriel de l’Addolorata et de sainte Marguerite Marie, le 13 mai 1920 : « Les souffrances de Jésus ne peuvent être séparées des peines de Marie. Tout comme le premier Adam eut une femme comme complice dans sa rébellion contre Dieu, le nouvel Adam voulait qu’une femme partage son œuvre en rouvrant les portes du Ciel aux hommes. »

– Le pape Pie XI est celui qui a parlé le plus explicitement du mystère de la Corédemption.

  Début 1923, un an après son élection, Pie XI loue à son tour l’apostolat de la bonne mort, confirmant les propos de son prédécesseur : « La Vierge des douleurs a participé avec le Christ à l’œuvre de la Rédemption. »

  En 1925, le pape approuve et indulgencie une prière dont voici le passage essentiel : « Souvenez-vous qu’au Calvaire vous avez été constituée Corédemptrice, collaborant par la crucifixion de votre cœur au salut du monde, avec votre Fils crucifié. »

  En 1928, Pie XI publie une brève encyclique sur le Sacré-Cœur (plus précisément sur le devoir de réparation qui découle de la dévotion au Sacré-Cœur). Il y affirme que Notre-Dame, après avoir « mis Jésus au monde pour nous comme Rédempteur, l’offrit comme victime au pied de la Croix », et de ce fait mérite le titre de Réparatrice (titre équivalent à celui de Corédemptrice, nous l’avions vu).

  En 1935, l’Église fête le 19e centenaire de la Rédemption. A l’occasion de ce grand jubilé, une foule d’évêques, de prêtres et de fidèles sont rassemblés à Lourdes. Le pape adresse aux pèlerins un radiomessage au cours duquel il prie ainsi la Vierge Marie : « Compatissante et Corédemptrice, vous assistiez votre Fils tandis qu’il accomplissait sur l’autel de la Croix la Rédemption du genre humain. » On ne peut être plus clair : Pie XI emploie le mot Corédemptrice, et il l’explique en unissant Compassion et Corédemption (« Compatissante et Corédemptrice »), et en présentant la très Sainte Vierge comme « l’assistante », c’est-à-dire l’associée de son Fils au moment même du sacrifice du Calvaire : « Vous assistiez votre Fils tandis qu’il accomplissait sur l’autel de la Croix la Rédemption du genre humain. » Passant, comme Benoît XV, de la rédemption objective à la rédemption subjective, il ajoute : « Conservez en nous et accroissez de jour en jour les précieux fruits de sa Rédemption et de votre Compassion. » Marie Médiatrice nous fait profiter des fruits de la Rédemption du Sauveur, qui sont inséparablement – de façon subordonnée, bien sûr – les fruits de sa propre Compassion, donc de la Corédemption.

  Pie XI était représenté aux festivités du jubilé, à Lourdes, par un légat prestigieux, son secrétaire d’État, le futur Pie XII. Concluons donc par cette belle prière du cardinal Pacelli à Notre-Dame de Lourdes : « Vous avez fait de cette roche de Massabielle une nouvelle montagne de la gloire de Dieu au milieu des ténèbres de l’incrédulité et du péché, un phare lumineux d’espérance pour le salut des peuples. Mais cette montagne et cette grotte bienheureuse évoquent en nous le souvenir d’une autre montagne et d’une autre grotte, le Golgotha et le Sépulcre, où votre douleur et vos larmes de Mère, à l’heure la plus terrible et la plus divine de la Rédemption, s’unissaient à la suprême torture, à la mort et à la sépulture de votre Fils crucifié, Rédempteur du monde. »

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Marie Corédemptrice (7-7)

Père Bruno, sermon du 17 mai 2026

   Parmi les papes qui, du milieu du 19e siècle au milieu du 20e, n’ont cessé d’enseigner la doctrine de la Corédemption mariale, il nous reste à interroger Pie XII :

  – Dans sa belle encyclique sur l’Église, en 1943, il écrit que Notre-Dame, « très étroitement unie à son Fils, le présenta sur le Golgotha au Père éternel, comme une nouvelle Ève, pour tous les fils d’Adam qui portent la souillure du péché originel ». On retrouve l’idée très ancienne de Marie nouvelle Ève, et l’affirmation que la très Sainte Vierge a participé à notre Rédemption en offrant son Fils pour nous sur le Calvaire.

– Le 13 mai 1946 est un grand jour au Portugal : on y couronne la statue de Notre-Dame de Fatima. Le pape s’unit à la cérémonie par un radio-message dont j’extrais cette phrase : « Le Fils de Dieu a réfléchi sur sa Mère la gloire, la majesté, la puissance de sa royauté, car associée, comme Mère et Ministre, au Roi des martyrs dans l’œuvre ineffable de la Rédemption des hommes, elle lui est également associée pour toujours, avec un pouvoir presque illimité, dans la distribution des grâces qui découlent de la Rédemption. » La Vierge Marie est donc Reine parce qu’elle a été associée à l’œuvre de la Rédemption, c’est-à-dire à l’acquisition des grâces, et qu’elle est encore associée à « la distribution des grâces qui découlent de la Rédemption ». Comme ses prédécesseurs, Pie XII distingue clairement la rédemption objective et la rédemption subjective, et il souligne le rôle de la très Sainte Vierge dans l’une et dans l’autre.

  – En 1950, définition du dogme de l’Assomption : dans la bulle de promulgation, le pape évoque « la nouvelle Ève très intimement unie au nouvel Adam dans le combat contre l’ennemi infernal, qui devait aboutir à la victoire totale sur le péché et sur la mort ». Cette « victoire totale » étant celle du vendredi saint, la « nouvelle Ève » a donc pris part à l’ultime combat du Calvaire, au sacrifice du Rédempteur.

  – En 1954, le Souverain Pontife publie une encyclique sur Marie Reine, par laquelle il institue la fête du 31 mai. Retenons-en trois passages : « Cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément pour être associée à lui dans la Rédemption du genre humain » (la maternité divine est donc ordonnée à la Corédemption). – « Dans l’accomplissement de la Rédemption, la très Sainte Vierge fut étroitement associée au Christ » (encore une affirmation de la Corédemption). – « Comme le Christ, pour nous avoir rachetés, est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, la bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et notre Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption. » Autrement dit, Jésus est notre Roi non seulement parce qu’il est Dieu, mais aussi parce qu’il est notre Rédempteur ; de même, Marie est notre Reine non seulement parce qu’elle est la Mère de Dieu, mais également parce qu’elle est notre Corédemptrice.

  – Un verset de l’office de Marie Reine réunit les trois notions de maternité divine, de Corédemption et de royauté : « Salut, Mère du Christ, associée à sa Passion, Reine du monde entier ! » La très Sainte Vierge est inséparablement Mère, Corédemptrice et Reine.

  – Enfin, dans son encyclique sur le Sacré-Cœur, en 1956, Pie XII écrit : « De par la volonté de Dieu, la bienheureuse Vierge Marie a été indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption humaine, afin que notre salut vienne de l’amour de Jésus-Christ et de ses souffrances intimement unis à l’amour et aux douleurs de sa Mère. »

  Tous ces témoignages des papes de Pie IX à Pie XII, s’appuyant sur la tradition et sur l’accord presque unanime des théologiens, montrent que la doctrine de la Corédemption était assez élaborée pour pouvoir être définie solennellement lors du dernier concile. Je vous avais rappelé, à propos de la Médiation universelle, comment les pères conciliaires avaient rejeté le projet d’un docuмent spécifiquement marial. Le schéma qui avait été rédigé par la Commission préparatoire affirmait de Notre-Dame : « On peut l’appeler à bon droit Corédemptrice. » Le texte promulgué par Vatican II omet volontairement ce terme ; en réalité, deux passages expriment quand même l’idée de la Corédemption, mais le fait d’exclure le mot lui-même a permis aux progressistes de se débarrasser d’une doctrine qui les gênait tellement.

  Un peu plus tard, le cardinal Ratzinger – le futur Benoît XVI – osera dire que Corédemptrice est un terme « peu clair », et même « erroné ». François ira encore plus loin, en parlant à ce propos de « sottises ». Quant à Léon XIV, il signera la Note doctrinale du 4 novembre 2025, qui décrète que le terme est « gênant », et que son usage est toujours inopportun.
Je ne m’attarde pas sur cette misérable impiété, réfutée bien à l’avance par toute la tradition de l’Église, et j’en viens à la conclusion de notre étude sur la Corédemption : cette vérité a une grande importance pour notre vie spirituelle.

  Si Notre-Dame Corédemptrice a joué un tel rôle dans l’économie du salut, elle doit avoir une place correspondante dans notre cœur :
– Nous devrions bien souvent remercier la Vierge Marie de tout ce qu’elle a souffert pour nous : au pied de la Croix, elle nous a véritablement enfantés dans la douleur. Nous pouvons nous écrier avec sainte Bernadette : « Je suis l’enfant de vos douleurs, l’enfant du Calvaire ! » Oui, nous sommes vraiment les enfants de la douleur et de l’amour de la très Sainte Vierge ; nous ne lui témoignerons jamais suffisamment notre gratitude.

  – Et puis, n’oublions pas que, selon saint Louis-Marie, la dévotion mariale est une dévotion « d’imitation » : nous devons donc nous efforcer de nous associer nous-mêmes à la Corédemption de Notre-Dame, d’unir nos souffrances à ses souffrances, afin d’être à notre tour des corédempteurs et des corédemptrices. Il arrive que des personnes qui ne connaissent pas très bien nos sœurs, les Sœurs de Notre-Dame Corédemptrice, les appellent « Sœurs corédemptrices ». Même si ce n’est pas leur nom complet, il s’agit d’un beau programme, tout à fait conforme à l’esprit du fondateur, puisque Mgr Lefebvre, dans les Constitutions, les exhorte à « s’offrir avec la divine Victime, à l’image et à la suite de Notre-Dame de Compassion ». Soyez, chères sœurs, des corédemptrices, par votre vie d’amour, de prière, de sacrifice. Et soyons tous des corédempteurs et des corédemptrices, en nous unissant toujours plus étroitement à notre Corédemptrice.

  – A propos de l’imitation de Marie, Monseigneur écrit également dans les Constitutions (il parle des religieuses, mais cela vaut pour nous tous) : « Elles imiteront Marie en participant de toute leur âme au sacrifice de la Croix qui se continue sur l’autel. » Le rôle que Notre-Dame a joué sur le Calvaire a pour conséquence qu’elle prend part très activement au saint sacrifice de la messe. D’où l’importance de l’union à la très Sainte Vierge pour bien participer à la sainte messe (« de toute notre âme », selon l’expression de Monseigneur), pour en recevoir des fruits plus abondants. Elle nous aidera notamment à ne pas nous habituer à un si grand mystère d’amour : elle sait, elle, le prix infini de chaque messe, en tant qu’elle renouvelle sacramentellement le sacrifice de la Croix.
Conclusion d’ensemble à la série de sermons sur Marie Médiatrice et Marie Corédemptrice : tout est résumé dans la médaille miraculeuse, par laquelle Notre-Dame nous offre une véritable leçon de théologie mariale. Nous en reparlerons plus en détail dans quelques années, puisqu’en 2030 nous célébrerons le deuxième centenaire des apparitions de la rue du Bac ; mais remarquons dès maintenant que cette petite médaille illustre les deux aspects inséparables de ce que la Vierge Marie fait pour notre salut, la Coré-demption et la Médiation :

  – La première face de la médaille représente la Médiation : les rayons qui semblent sortir des mains de la Sainte Vierge figurent les grâces qu’elle répand. Et la sainte Mère de Dieu nous propose une prière toute simple et si efficace pour faire appel à sa Médiation : O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

  – Le revers de la médaille évoque la Corédemption : le M de Marie n’est pas seulement situé sous la Croix, il est imbriqué dans la Croix, comme pour signifier que Notre-Dame Corédemptrice n’était pas seulement présente au pied de la Croix, mais qu’elle a pris une part active au sacrifice rédempteur de la Croix. Et les deux Cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé par un glaive, rappellent que les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont ensemble, comme un seul Cœur, souffert et offert pour notre salut. Marie est bien la Corédemptrice associée à l’unique Rédempteur.

  Supplions le bon Dieu pour que Rome, une fois délivrée des ténèbres qui l’ont envahie, proclame solennellement cette grande vérité. En attendant cet heureux jour, ne nous contentons pas de porter la médaille miraculeuse : prenons le temps de la regarder, de la contempler, afin d’admirer et de remercier la Vierge bénie qui est, pour notre salut, la Médiatrice universelle et la Corédemptrice.

Fin.