https://tradtalk.substack.com/p/as-novas-sagracoes-da-fsspx-por-serLES NOUVEAUX SACRES DE LA FSSPX,
annoncés pour le 1 juillet, 2026,
par [S.E. Msgr. Gerardo Zendejas]
Traduction du Portugais non-officiel.
Conférence tenue au Monastère de la Sainte-Croix le 14/02/26
- Trois générations de prêtres, trois principes, une même congrégation.
Juste quelques mots sur les événements liés aux consécrations épiscopales de la Fraternité de Saint-Pie X, juste quelques réflexions.
Aujourd'hui, il y a eu une réunion entre le Supérieur Général, le Père Pagliarani, et le Cardinal Tucho, qui est argentin. Le seul résultat a été la mise en place d'un accord pour engager un dialogue. Des réunions théologiques seront organisées pour aborder la question des consécrations épiscopales. C'est le fruit de la rencontre d'aujourd'hui, tenue à Rome. Par conséquent, ils entreront en discussion.
Un exemple très concret est le suivant : avec l'annonce faite par l’abbé Pagliarani et avec la date indiquée — premier juillet de cette année — il est prévu de réaliser une cérémonie de consécration épiscopale. L'une des raisons est que le temps s'écoule.
La santé de Msgr. de Galarreta n'est pas très bonne. Il souffre (...). Voyager lui est difficile, mais il continue. Les prêtres de la Fraternité qui font le plus pression pour ces consécrations sont ceux ordonnés entre 1988 et 2009. En pratique, à l'écoute, on se rend compte que les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X sont divisés dans leur façon de penser. Les prêtres ordonnés avant 1988 ont une compréhension de ce qui a conduit, à cette époque, aux consécrations épiscopales.
Par exemple, lorsqu'on parlait alors de la position de la Fraternité Saint-Pie X, on se référait concrètement à la position de Msgr. Lefebvre. Maintenant, ce n'est plus le cas. Il s'agit désormais d'un autre point de vue. Il est vrai que les prêtres ordonnés après les consécrations — de 1988 à 2009 —, certains d'entre eux venaient déjà de la formation et sont restés avec cette idée de la tradition.
Mais, certainement, après 2009, il existe un autre mode de pensée parmi les prêtres. Et cela, pourquoi ? Parce qu'en 2009, il y a eu la levée des excommunications des quatre évêques.
Avec la levée des excommunications des quatre évêques, tous les prêtres
ordonnés après cela n'ont plus de peine canonique. Avant 2009, ils en avaient. Lorsqu'un prêtre est ordonné par un évêque en situation irrégulière, qui est excommunié pour une raison quelconque, le prêtre ordonné tombe sous le coup de la suspension ‘a divinis’. Cela s'appelle une irrégularité.Il est important de faire connaître cela car, jusqu'en 2009, bien que les excommunications des quatre évêques aient été levées, l'irrégularité des
prêtres subsistait. Autrement dit, il ne pouvait y avoir d'accord avec Rome tant que cette irrégularité existait. Ainsi, les obstacles à ce moment-là pour un accord avec Rome étaient, en premier lieu, l'irrégularité des prêtres.
Deuxièmement, les sœurs de la Fraternité, la Société de Saint Pie X, qui est une congrégation distincte. Si elles voulaient régulariser leur situation avec Rome, elles devaient traiter directement avec Rome, pas les prêtres.
Un autre aspect difficile à ce moment-là était celui des frères qui se formaient dans la Fraternité Saint-Pie X, qui ne constituent pas une congrégation. Ce sont des frères oblats. C'est pourquoi l'une des solutions proposées pour eux — environ quatre-vingts frères — était de les renvoyer chez eux. C'est ce qui a été
proposé alors, car ils ne sont pas une congrégation. C'est-à-dire que cela faisait partie de ce qui devait être réglé dans le futur accord.
Les congrégations qui étaient autour — les bénédictins, les Msgr.inicains, les franciscains — chacune devait faire son propre accord avec Rome, car elles sont considérées comme des congrégations distinctes.
C'était donc la situation alors existante.
Avec la levée des excommunications en 2009, une nouvelle phase s'ouvre. Tous les jeunes prêtres sont donc de Rome. Ils ne sont pas séparés de Rome. La formation de ces prêtres est très claire et fait partie d'autres principes. D'après les discussions que j'ai eues avec eux, l'idée qu'ils possèdent est qu'au début, la
Fraternité Saint-Pie X était très sauvage et rebelle, indifférente aux lois. Après la levée des excommunications, la génération la plus jeune aurait la responsabilité de mettre de l'ordre dans la Fraternité.
Cela est resté surtout comme une façon d'agir, et ainsi il a été procédé.Le changement le plus essentiel est survenu précisément en 2012, lorsque Mgr.Fellay a affirmé qu'un accord avec Rome ne pourrait pas être fait au niveau doctrinal, mais devrait être pratique.
À partir de là, un autre mode de solution est entré en scène. Un des principes qui reste encore sur la table est la déclaration doctrinale de Msgr. Fellay, composée de 12 numéros, 12 principes, présentée à Rome le 15 avril 2012. Et elle y est restée. Toute cette proposition a été l'objet de conflit jusqu'à ce que vienne le refus de Msgr. Williamson de participer au chapitre général. Ils ont réussi à faire en sorte qu'il ne soit pas présent en 2012. Par la suite, Msgr. Williamson n'a jamais reçu de décret formel d'expulsion. Jamais. C'était quelque chose de plus pratique : ils l'ont simplement éloigné. Il en a été de même pour Msgr. Faure. Il n'y a pas eu de décret formel pour eux au sens propre.
Il s'agit donc d'une situation canonique irrégulière. En 2012 — et c'est ce que nous allons voir maintenant, dans la situation actuelle — la figure canonique proposée aux supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X était la prélature personnelle. Et l'argument est très simple. Msgr. Lefebvre a fondé la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Autrement dit, il n'était pas prévu qu'il y ait des évêques. Les règlements étaient propres à un apostolat sacerdotal.
Avec le fait d'avoir des évêques, on passe alors à un autre niveau,et c'est pourquoi on parle de prélature personnelle. Cette structure n'existe que dans le droit canon de 1983. Avant cela, elle n'existait pas. Actuellement — y compris à présent — il n'y a qu'une seule structure avec ce nom : celle de l'Opus Dei. Elle a été transformée après la mort de son fondateur, Escrivá de Balaguer, et a été réorganisée avec de nouveaux principes et règles sous cette forme appelée prélature personnelle. Ainsi, en principe, il n'existe plus d'apostolat comme figure juridique indépendante, parlant techniquement.
Ces aspects sont importants car, à ce moment-là, cette structure a été présentée comme une solution au problème, afin de permettre un accord avec les évêques de la Fraternité.
Et là se pose une question, car une condition implicite était que Msgr.
Williamson soit absent. C'était ça. Ce bruit a surgi à cause de la lettre que le Pape Benoît XVI a écrite en mars 2009, indiquant ce qui devait être fait avec les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. Il s'agit d'un acte public, d'un écrit public, d'une longue lettre, rédigée en mars, juste après la levée des excommunications. Les excommunications ont été levées le 21 janvier 2009. Comme on le sait, le Pape Benoît XVI a démissionné. Il a quitté son poste. Et il l'a fait à un moment important, alors qu'un éventuel accord avec la Fraternité Saint-Pie X se profilait. En partant, tout est resté en suspens.
Une des raisons — et cela pourrait être confirmé par le Père de Cacqueray, alors supérieur du District de France — est qu'il a quitté la Fraternité pour devenir moine franciscain à Morgon. Il ne voulait plus interagir avec cette situation. Mais une des choses qu'il a faites a été d'affronter ce moment, c'est-à-dire de dire à Msgr. Fellay qu'il ne pouvait pas modifier les statuts de la Fraternité Saint-Pie X.
C'était la raison secondaire de la réunion qui a eu lieu en juin 2012. C'était le préalable nécessaire pour franchir une étape vers un accord avec Rome.Tout cela est technique, tout cela est juridique. Et précisément cet aspect juridique est resté en suspens. Pourquoi ?
Parce que l'aspect des consécrations épiscopales de 1988 était un aspect doctrinal, pas juridique. Et l'aspect doctrinal est la nécessité du salut des âmes. Et la seule façon de sauver les âmes est par la réception des sacrements. Pour Msgr. Lefebvre, il y avait un doute concernant les sacrements du Novus Ordo.
C'est la raison pour laquelle il a fondé la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : pour qu'il n'y ait pas de doute sur les sacrements, du baptême jusqu'à l'extrême-onction.
Le fait d'avoir réalisé les consécrations épiscopales en 1988 visait à maintenir cette ligne : sacrements sûrs. Dans les tentatives d'accord depuis 2012, Msgr. Fellay a simplement franchi la clôture. Ou, avant, j'étais de ce côté, tradition ; là. de l'autre côté , Novus Ordo. Msgr. Fellay a sauté la clôture.
Maintenant, il est de l'autre côté et affirme que tous les sacrements du Novus Ordo sont valides, tant qu'ils sont réalisés avec l'intention traditionnelle de l'église. Avec ce principe — exprimé dans sa déclaration doctrinale (2012) et désormais accepté — leur pratique est de ne pas réordonner les prêtres du Novus Ordo. Ils les admettent comme tels.
Et, avec le temps, des problèmes surviennent. Actuellement, par exemple, dans le district des États-Unis de la Fraternité, il y a plus de vingt prêtres du Novus Ordo qui assistent dans l'apostolat. L'un d'eux est marié. Et il est accepté comme prêtre, administrant une chapelle. Comment était marié ? Ils ne veulent pas dire, mais apparemment ce prêtre, déjà âgé, était anglican et s'est marié. Puis il s'est converti au catholicisme, mais n'a jamais cessé d'être marié. Il est resté marié. Après sa conversion, il n'a plus cohabité, mais avait des enfants. Et ils vivent encore. Si quelqu'un lui demande : êtes-vous marié ? Il répond : oui. Avez-vous une épouse ? Oui. Avez-vous des enfants ? Oui. Les enfants ont quarante, soixante ans, quelque chose comme ça.
Mais la question porte sur le principe. Pourquoi ? Parce que, pour eux maintenant, l'intention dans les sacrements est l'intention que l'Église réalise, et tous les sacrements du Novus Ordo sont valides. Tous. Comment ce principe a-t-il commencé ? Après 2012, en février, lorsque le Pape Benoît XVI a démissionné et que le Pape François a été élu. Lorsque le Pape François a pris ses fonctions, peu de temps après, il a annoncé ce qu'il a appelé ‘Année de la Miséricorde’. Il a déclaré que ce serait une année de miséricorde.
Tous pouvaient aller à la chapelle, et tous les péchés seraient pardonnés. Cela a été établi pour un an. À la fin de cette année, il a déclaré : pour commémorer cette Année de la Miséricorde, nous accorderons une juridiction universelle à tous les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. En d'autres termes, il leur a délégué une
juridiction. D'abord pour la confession. Le docuмent a été publié : leurs confessions sont valides car elles sont dans l'Église. Nous les avons pardonnés. C'était la nouvelle. Mais que s'est-il passé ? Avec cet acte, ils ont éliminé l'irrégularité de tous les prêtres ordonnés entre 1988 et 2009, sans exiger des prêtres une lettre demandant une régularisation. Comprenez-vous ? Comprenez-vous ce que je dis ? Exactement. On a utilisé le prétexte d'une juridiction universelle pour pardonner toutes les irrégularités dont les prêtres étaient porteurs,
sans exiger de repentance, et toute la Fraternité entrait en communion avec Rome. C'est ce qui est arrivé. Cela s'est produit avec l'Année de la Miséricorde, notamment avec la délégation pour la confession. L'année suivante, le Pape François a accordé que tous les mariages célébrés par la Fraternité soit acceptée par l'évêque local et que juridiction soit donnée aux prêtres de la Fraternité qui souhaiteraient l'accepter pour célébrer des mariages. Depuis lors, pas tous les prêtres ne célèbrent de mariages; seulement ceux qui acceptent la délégation accordée par l'évêque du lieu. C'est une distinction très importante, car il y a de nombreux prêtres qui n'acceptent pas et, pour cette raison, il ne leur est pas permis de célébrer des mariages. Il y a eu des cas assez concrets qui montrent cela. Tous les docuмents pour le mariage vont au prieur. Le prieur les présente à l'évêque. L'évêque les parrainne. Et alors le mariage est célébré, parfois avec
un prêtre du Novus Ordo comme témoin. C'est la procédure normale. Ensuite, à l'époque du Père Wegner, supérieur aux États-Unis, il a demandé ce qu'on appelle ‘sanatio in radice’. Tout cela est technique, mais cette ‘sanatio’ montrait que ces personnes qui avaient doute sur la validité de leurs mariages, par le biais de cette demande du supérieur, ils les considéraient comme valides. Mais ici surgit le problème.
Les ministres du mariage sont le mari et la femme, pas le prêtre. C'est du catéchisme. Donc, si quelqu'un veut la ‘sanatio in radice’, ce doivent être les propres ministres qui la demandent, pas le prêtre. Et ce que la Fraternité a fait, c'est que le supérieur demande aux Évêques du lieu de ratifier tous les mariages. Ce sont des détails apparemment petits, mais qui manifestent une fin :
l'union avec Rome. Et rendre valides tous les sacrements du Novus Ordo. Et, précisément, l'année dernière, on est allé encore plus loin. L'année dernière, les supérieurs de district, notamment d'Allemagne et d'Angleterre, ont envoyé une note circulaire affirmant qu'à partir de ce moment, il n'était plus possible de conférer le sacrement de la Confirmation sous condition. Il ne serait en aucun cas acceptable. Et il y a quinze jours, pas plus de trois semaines, en France, le supérieur de district a envoyé une lettre disant la même chose, avant l'annonce des consécrations épiscopales. Autrement dit, ils ne l'accepteront pas.
La question importante est pourquoi ces sacrements du Novus Ordo conférés lors de la confirmation seraient valides. Il s'agit donc d'une question pratique. Si tous les prêtres ordonnés dans le Novus Ordo sont valides, à quoi servirait la Messe traditionnelle ? Pourquoi?
Ces détails montrent que la position doctrinale actuelle de la Fraternité Saint-Pie X, en réalisant des consécrations épiscopales, est de ne pas sortir du système.
Parce qu'en ce moment, ils sont régularisés.Un exemple très simple est celui d'une bougie. Quand le abbé Pagliarani annonça que, le premier juillet suivant, ils réaliseraient des consécrations épiscopales, il présenta l'acte comme allumer une bougie. Mais Rome a rapidement répondu et a allumé la bougie de l'autre côté, exerçant une pression. Maintenant, la bougie est
allumée des deux côtés. Est-ce une question doctrinale ou est-ce une question juridique ? Il y a quatre principes qui différencient la Résistance de
la Fraternité. Même si la Messe traditionnelle est célébrée, même si tout est fait comme avant avec Msgr. Lefebvre, il y a quatre points qui, en ce moment, sont différents.
Premier, les confessions. Beaucoup de prêtres disent que les confessions que nous faisons ne sont pas valides parce que nous n'avons pas de délégation pour les réaliser. Ce n'est pas vrai ; elles sont valides. Mais ils disent le contraire, car ils ont une délégation accordée par les Papes. Ainsi, l'absolution dans le sacrement de pénitence ils la réalisent d'une manière ; nous la réalisons d'une autre, comme cela se faisait auparavant.
Deuxième, le mariage. Ils le célèbrent avec l'acceptation de l'évêque du lieu. Nous utilisons le principe selon lequel les personnes qui souhaitent se marier ne peuvent pas trouver un prêtre qui pense conformément à la tradition sur quatre points fondamentaux. Pour se marier, il y a quatre points. Et ici surgit un détail, petit mais très dangereux.
Le Novus Ordo permet le divorce sous le nom de nullité. Nom différent, même fait. C'est un piège. Alors on prêche qu'on n'accepte pas le divorce, qu'on ne peut pas vivre en union libre, que c'est un péché de vivre en union libre. Il y a aussi la question de la chasteté dans l'acte conjugal, de l'ouverture à la vie, de l'utilisation de méthodes pour la restreindre. Et que le mariage doit être béni comme sacrement de l'Église, étant les ministres les époux eux-mêmes et le prêtre comme témoin qualifié qui célèbre ce mariage. Donc, quatre points. D'abord, la confession est différente. Deuxièmement, le mariage est différent.
Troisièmement, les principes selon lesquels Msgr. Williamson a consacré des évêques. Il l'a fait pour maintenir deux choses. D'abord, la succession épiscopale, la succession apostolique, la note d'apostolicité. C'est cela que Msgr. Lefebvre a maintenu : les sacrements. Les consécrations épiscopales des sedevacantistes sont considérées comme douteuses par la manière dont elles ont été réalisées. On sait que les sedevacantistes possèdent deux lignes principales. Peut-être une troisième ici au Brésil ? Il y a la ligne de Thuc et celle de Méndez. Et les sedevacantistes sont divisés depuis presque cinquante ans, disant que ceux-ci ne sont pas valides et ceux-là le sont, et vice-versa. Quelle est l'étincelle qui alimente cette bataille qui dure depuis cinquante ans ? Le fait qu'elles aient été faites en secret. Les cérémonies n'ont jamais été publiques. Par exemple, Msgr. Méndez ne voulait pas être excommunié et a demandé qu'on prenne des photographies et qu'après sa mort, on révèle qui était l'évêque consacré, qui était Kelly. Pourtant, sur toutes les photographies prises avec Kelly, on ne voit jamais l'évêque agissant sur l'autel ; il est toujours assis, comme posant pour une photo, mais ne pontifiant pas.
Dans le cas de Msgr. Thuc, qui a consacré d'autres, notamment à Palmar de Troya, la situation était différente, mais aussi problématique. Msgr. Thuc n'a jamais abandonné complètement la Nouvelle Messe. Il a réalisé des consécrations épiscopales et des ordinations sacerdotales en latin, avec le rite traditionnel, mais il est resté membre de l'Église officielle. Toujours. Même lié à des mouvements charismatiques quand il était évêque au Vietnam. Lorsqu'il est allé en Espagne, à Palmar de Troya, il a consacré des évêques. Et ces évêques ont consacré d'autres. Et ils se sont multipliés. Ils ont fait des cardinaux. Ensuite, un conclave. Ensuite, ils ont élu un pape. Tout cela a causé une grande confusion. Et un des faits graves fut que, interrogé par la suite, il s'attribua d'avoir dit que n'a pas eu l'intention de faire des évêques. On croit ou on ne croit pas en lui ? C'est le doute. Et ce doute dure depuis cinquante ans.
C'est pourquoi, pour Msgr. Lefebvre, il était essentiel que les consécrations soient publiques et claires. Pour maintenir la tradition et pouvoir conférer les sacrements traditionnels sans doute. Lorsqu'il a consacré quatre évêques en 1988, il a assuré la continuité de l'épiscopat traditionnel. Maintenant, lors des consécrations actuelles, un des aspects importants sera le mandat, le docuмent écrit par lequel ils vont consacrer ces évêques. Ce qu'ils y diront montrera l'intention. Actuellement, Rome pousse fortement à l'acceptation de l'Église synodale. Ils veulent que la Fraternité fasse partie de cette Église (pour qu'elle reconnaisse la Tradition ...?).
Vont-ils le faire ou non ? On le verra. Mais c'est une discussion théologique qu'ils devront affronter. Cette situation rend différentes les consécrations qu'ils feront cette année de celles réalisées en 1988 avec Msgr. Lefebvre. Msgr. Lefebvre voulait sauver la tradition, les sacrements comme moyen de salut. Il y avait un état de nécessité, car il n'y avait pas de certitude quant aux sacrements. Il fallait faire des évêques pour maintenir le sacerdoce catholique traditionnel. Maintenant, c'est différent. Maintenant, c'est: nous ne voulons pas être excommuniés, mais nous voulons être dans l'Église. Donc nous allons le faire ainsi.
Oui, il y a une nécessité de répondre aux âmes, mais on cherche comment le faire sans rompre juridiquement. C'est complètement différent. Complètement.
D'après ce que j'ai entendu de seconde main, ils veulent consacrer plusieurs évêques, entre cinq et sept, jeunes et plus âgés. Et, apparemment, certains des plus jeunes ont posé comme condition : si c'est avec la permission du Pape, oui ; si ce n'est pas avec la permission du Pape, non. Si le Pape donne sa permission, je veux être évêque. Mais, s'il ne la donne pas, je ne veux pas être évêque. Il y a donc une différence de principes en ce moment. Et ils ont fixé une date. S'ils changent la date, ils se fragilisent. De toute façon, Msgr. de Galarreta et Msgr. Fellay ont beaucoup de travail. Et les années ne passent pas en vain. Ils ont
annulé beaucoup de cérémonies de confirmation en France. Beaucoup.
Il y a trois groupes. Avant 1988. De 1988 à 2009. De 2009 à aujourd'hui. Depuis 2009 jusqu'à maintenant, il y a environ 350 prêtres. Du groupe intermédiaire, environ 300. Et du groupe précédent, environ 100. C'est la totalité approximative. Lorsqu'ils parlent de nécessité, ils parlent également de nécessité interne. Car il n'y a pas d'unité absolue comme en 1988. Il y a des tensions internes.
Mais c'est un fait...il manque des évêques. C'est un fait. Msgr. Tissier, l'année précédant sa mort, ne parvenait déjà plus à conclure les cérémonies d'ordination sans pauses. Il devait s'asseoir, boire de l'eau, se reposer, puis
continuer. Les cérémonies sont devenues plus courtes. Il en a été de même récemment. Msgr. de Galarreta a annulé des ordinations aux États-Unis pour des raisons de santé. Il existe donc un besoin pratique. Mais la question est : à quel prix ?
Et voici le point délicat. L'état de nécessité qu'ils présentent maintenant contredit ce qu'ils affirmaient auparavant. Lorsque Msgr. Williamson a consacré Msgr. Faure il y a plus de dix ans, la Fraternité a publié un écrit disant
qu'il n'y avait pas d'état de nécessité. Qu'elle encourait donc l'excommunication. Et jusqu'à il y a peu d'années, certains supérieurs affirmaient que, lorsqu'une crise dure plus de cinquante ans, elle cesse d'être extraordinaire et devient ordinaire. Par conséquent, le magistère devrait être accepté comme ordinaire, y compris celui du Vatican II.
De plus, ils ont préparé le terrain doctrinal. Il y a environ un an, l’abbé Pagliarani a donné une conférence aux supérieurs disant que la position sur l'ordination selon le nouveau rite expliquée par le Père Álvaro Calderón n'était pas la position officielle de la Fraternité. Une demande de rectification a été formulée. Et des éditions du livre Prometeo ont été modifiées. Dans certaines traductions, il y a des différences significatives par rapport à l'original. Cela montre une ligne doctrinale claire. La thèse actuelle est que le rite est unique, sous forme ordinaire et extraordinaire. Cela découle du principe formulé par Benoît XVI. Et cela a influencé la mentalité de nombreux jeunes prêtres. Ainsi, ils voient la nécessité d'avoir des évêques pour survivre, mais en même temps il s'agit d’une approche avec Rome, non d'un éloignement. Et c'est ce que nous voyons. Le fait qu'ils annoncent des consécrations épiscopales ne signifie pas que cela se fasse selon les mêmes principes qu'en 1988.
S'ils le font, certains diront que cela confirme que Msgr. Williamson avait raison de préserver la succession. Mais le contexte doctrinal est différent. C'est ce qui se passe. En ce qui concerne la Fraternité Saint-Pie X et Rome, on sait que le Pape est américain. Il a été formé à Chicago. Il est disciple de cette école, et il l'a lui-même affirmé. On peut le voir dans le discours qu'il a prononcé lorsqu'il a obtenu son diplôme en droit canon pour pouvoir devenir cardinal. Il parle parfaitement espagnol. Il a vécu au Pérou pendant plus de vingt ans. À l'université, au Pérou, il a été présenté comme cardinal, et sa thèse traite de
l'éthique du cardinal Bernardin. Le cardinal Bernardin est connu pour toute l'histoire liée à une ligne progressiste aux États-Unis. Et on dit que, quand il était jeune, il appartenait à ce groupe — non qu'il ait participé personnellement à certaines conduites, mais qu'il faisait partie de cette formation intellectuelle.
Ainsi, pour lui, il s'agit de l'éthique du moment et du principe intellectuel de réaliser une dialectique.
C'est ainsi que ce Pape agit. Par exemple, en termes concrets : il formule un principe à droite, formule un autre à gauche et les unit au centre. Cela s'appelle la dialectique. Il dit alors : les catholiques traditionalistes vont bien ; les orthodoxes vont également bien. Mais pas trop à droite, pas trop à gauche. Il faut être au centre. Il les réunit toujours au centre pour éviter les extrêmes. Aujourd'hui, il est interdit d'être fondamentaliste en quoi que ce soit. S'il est fondamentaliste protestant, non. S'il est fondamentaliste catholique romain, non. S'il est fondamentaliste musulman, non plus. Il faut être tolérant. Mais on
ne peut pas tolérer les intolérants. Vous comprenez ?
Par exemple, en ce qui concerne la crémation : on sait que dans le Code de Droit Canon de 1917, elle était interdite sous peine d'excommunication. Dans celui de 1983, elle est permise. Mais le Pape affirme: il n'est pas bon de se faire incinérer, car cela détruit l'image de Dieu; nous avons été créés à l'image de Dieu. Ce n'est pas bien d'être brûlé. Mais comme tout le monde le fait, il faut maintenant bien réglementer. Il établit donc des conditions : qu'on ne mange pas les cendres, qu'elles ne soient pas dispersées, qu'elles ne soient pas transportées comme objet anodin, qu'elles soient déposées dans un lieu sacré. Il impose des conditions, et à la fin conclut qu'on peut maintenant incinérer. C'est ainsi que fonctionne le raisonnement. Il consolide les étapes données par le Pape François.
Et quelle est la force qui impulse cela ? L'Église synodale.
Jusqu'à présent, il a attribué des postes importants dans des dicastères à des femmes. Il ne les appelle pas cardinaux, mais elles occupent fonctionnellement des postes d'autorité. Il a nommé des évêques aux États-Unis avec un profil clairement progressiste. Il fait un pas à droite et un autre à gauche. Il ordonne des prêtres dans la Basilique Saint-Pierre avec des litanies en latin, le Kyriale en latin, des chants en latin, mais dans le rite nouveau. Il y a une concelebration. Les lectures peuvent être faites par des femmes.
Dans le Novus Ordo, lors de l'ordination sacerdotale, on utilise le saint chrême. Dans le rite traditionnel, on utilise l'huile des catéchumènes. Dans l'ordination traditionnelle, l'évêque oint les mains en traçant deux croix, oint les doigts, la paume, attache les mains du nouveau prêtre, puis ce dernier
touche la patène et le calice. C'est une théologie du sacrifice.
Dans le rite nouveau, ce n'est pas ainsi. On s'orne avec le saint chrême et la cérémonie se poursuit sans ce symbolisme aussi marqué. La question surgit alors : pourquoi changer la matière ? Le chrême est proprement réservé à l'évêque ; l'huile des catéchumènes correspond au prêtre. Pourquoi utiliser le chrême pour le prêtre ? Parce que, lors du baptême du rite nouveau, il est possible d'orner les mains, ce qui ouvre la porte aux ministres extraordinaires de la communion. Et, comme les femmes comme les hommes sont baptisés, il est justifié que les femmes distribuent la communion. C'est un autre concept théologique.
Le prêtre n'est plus vu principalement comme un homme pour le sacerdoce et devient administrateur. Selon la théologie classique, une ordination sacerdotale doit avoir lieu dans la Messe. Pas en dehors. Msgr. Lefebvre, lorsqu'il a réordonné des prêtres issus du nouveau rite, le faisait dans la Messe complète, et pas seulement en imposant les mains. J'ai interrogé des prêtres qui ont été réordonnés par lui. Cela a toujours été dans la Messe. Complète. Et beaucoup de ces prêtres sont restés plus fermes que ceux qui ont seulement reçu l'imposition des mains. C'était sa façon de procéder. Msgr. Lefebvre n'était pas infaillible, mais il était un homme d'Église et avait un profond sens de la fidélité.
Aujourd'hui, tant dans la Fraternité que dans la Résistance, on ne suit pas exactement sa ligne. En ce qui concerne la liturgie de 1950, de 1955 et de 1962 : la réforme de 1955 était en partie expérimentale. Le missel de 1962 recueille des réformes antérieures, dont beaucoup proviennent de Saint Pie X. Le missel utilisé pour le chant dans les ordres religieux a été promu par Saint Pie X. La réduction des volumes du bréviaire a des précédents dans des réformes antérieures. C'est pourquoi le missel de 1962 ne surgit pas du vide. ‘Traditionis Custodes’, signée par le Pape François, possède une force contraignante liée au Vatican II. C'est une application de la réforme liturgique initiée par le Concile. Si l'on accepte pleinement ce magistère comme contraignant en tout, on finit par accepter également la structure synodale. C'est pourquoi les supérieurs de la Fraternité se trouvent dans une situation délicate. Ils négocient pour éviter une division interne qui existe déjà.
Quatre différences concrètes aujourd'hui : La confession. Le mariage. Les consécrations épiscopales. Le concept d'état de nécessité.
Aux États-Unis, il existe un grand nombre d'annulations. L'incompatibilité de caractère et l'immaturité sont des causes fréquentes. Souvent, l'évêque local intervient. La question liturgique implique également des rubriques. Certains suivent strictement le calendrier de 1950. Ils ne célèbrent pas la Messe l'après-midi. Ils exigent un jeûne depuis minuit. Ils observent les quatre têmps sous obligation grave. Le missel de 1950 n'a pas de pontifical propre ; on utilise l'ancien. La réforme de 1962 a établi que le rituel précédent est normatif pour les sacrements. Benoît XVI a permis l'utilisation du rite de 1962 pour la Messe et du rituel antérieur pour les sacrements. Le seul changement significatif a été la prière du Vendredi
Saint. La Fraternité la rejette.
Hérétique signifie celui qui choisit. Et aujourd'hui, il existe une mentalité sélective : choisir ce qui convient. Msgr. Lefebvre a subi des divisions internes en raison de la liturgie. Il a établi une charte de
fidélité qui a été maintenue jusqu'à sa mort. Elle a ensuite été modifiée. En 1988, lorsque le protocole lui a été présenté, il y avait un docuмent supplémentaire impliquant une acceptation doctrinale du Vatican II. Il l'a rejeté. Il a dit : nous avons les mêmes mots, mais pas les mêmes concepts. C'est le problème actuel. Si l'on accepte pleinement la validité sans réserves des sacrements du Novus Ordo, l'argument de l'état de nécessité disparaît. L’ abbé Pagliarani soutient qu'il ne peut pas y avoir de doutes systématiques. C'est pourquoi il a demandé une rétractation à l’abbé Calderón. Selon certains écrits, l'intention n'est pas l'intention subjective du ministre, mais l'intention objective de l'Église. C'est pourquoi ils n'acceptent plus les confirmations sous condition. Ils ne réordonnent pas sous condition. La principale crainte est la division interne. Les annulations sont fréquentes. La pression moderne est forte. Et les gens passent d'un
centre à un autre. Ils se marient ici, annulent là, se remarient ailleurs.
Deux principes coexistent. C'est l'état actuel.
Fin.
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LES NOUVELLES CONSÉCRATIONS DE LA FSSPX, par [S.E.R. Msgr. Gerardo Zendejas]
Conférence sur le thème "Les nouvelles consécrations de la FSSPX"
réalisée au Monastère de la Sainte-Croix le 14/02/26
- Trois générations de prêtres, trois principes, une même congrégation.